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En langue marquisienne, Henua Enana, c'est la Terre des Hommes. Et en français, c'est les Marquises. Nous sommes partis une semaine à Hiva Oa, sur les traces de Brel et Gauguin. Alors quoi de plus logique que de lire cet article tout en écoutant " Les Marquises" de Brel ?
Mardi 11 mai : réveil en fanfare. Il est 4 H du mat, l'avion décolle dans un peu plus de deux heures. On n'a rien oublié, on peut y aller. Allez, bye, la maison !!!
Environ trois heures de vol nous attendent. Et petite anecdote : il y a 30 minutes de décalage entre Tahiti et les Marquises !
Le trajet est un peu long, malgré la pause p'tit-dèj offert dans l'avion. Les enfants se sont endormis, nous, on somnole ! Quand soudain la descente vers Hiva Oa est annoncée. On découvre les côtes découpées de l'île. Une vraie petite Bretagne perdue dans le Pacifique.
On craignait une piste d'atterrissage minuscule, mais, à notre grand soulagement, elle est relativement longue. Cyrille n'a pas besoin de freiner... Et là, l'avion nous dépose au milieu de nulle part...
Nous avons réservé une chambre chez Dominique qui vient tout juste de se lancer dans l'activité de maisons d'hôtes. Sitôt les bagages déposés, une visite de la capitale, Atuona, s'impose. Enfin...capitale est un bien grand mot...Trois ou quatre alimentations générales, deux snacks, un bazar-quincaillerie, et puis...c'est quasiment tout !
En quelques minutes, le tour de la ville est bouclé. On décide alors de rejoindre notre maison de vacances à pieds. Et ça grimpe...beaucoup ! Mais c'est sans regret : les paysages sont splendides. Nous sommes surpris par la sécheresse de la végétation. On apprend qu'il n'a pas plu depuis le mois d'octobre ! Cette différence de climat est étrange et surprenante alors que nous ne sommes qu'à 1400 kilomètres de Tahiti.
L'ascension de la montagne nous permet de dominer l'Océan pacifique, quelque peu tourmenté.
Et au détour de notre route, nous découvrons la maison de Jacques Brel. Il y a écrit quelques-unes de ses chansons, dont, notamment, Les Marquises.
On ne peut pas ignorer l'attachement de Brel à cette terre. Alors, en visitant le cimetière, on y découvre la fameuse tombe.
A quelques mètres de Brel, Gauguin repose sous une pierre de lave. Sa tombe est plus austère mais Eloïse l'a fleurie d'un hibiscus, histoire de l'égayer un peu. Et bien que je n'ai pas une grande expérience en visite de cimetières, je pense que celui-ci doit être un des plus beaux du monde...
Transpirant comme des coureurs de marathon ( fine allusion ), nous arrivons à notre site d'hébergement. Un petit rafraîchissement et nous repartons en voiture pour Taaoa.
Les enfants ne résistent pas bien longtemps à l'appel de la plage. Faut dire que l'endroit est bien attirant !
Le plus drôle, c'est qu'il n'y a pas de lagon aux Marquises. Et s'il n'y pas de barrière de corail, de grosses vagues déferlent sur la plage. Petite séance de bodyboard sans board... Mais attention aux méduses et aux requins !
Après s'être bien épuisés dans les remous, nous partons visiter le village. Une superbe église datant de 1800 fait face à l'Océan, et des chevaux marquisiens semblent apprécier leur repas. D'ailleurs, le cheval est roi, ici. Un peu comme à l'île de Pâques. On peut les apercevoir de part et d'autre de la route.
Hiva Oa regorge de sites historiques. Et le marae de Taaoa est un des plus grands de l'île. C'est un lieu dédié aux Dieux. On y faisait des offrandes, des sacrifices humains et tous les grands événements du village se passaient sur ces lieux. Puis, quelques mètres plus haut, on y découvre un tiki et des pétroglyphes.
Mercredi 12 mai, nous partons pour une petite randonnée. Les enfants ne souhaitent pas nous accompagner, préférant les joies de la ... télévision ! Glurps !!! Enfin, c'est pas grave ! Nous, on peut profiter de cet endroit si buccolique. Il paraît qu'en remontant la rivière, on atteindra une cascade... On a beau se tordre les pieds sur les galets, pas de cascade en vue...Tant pis, on fait demi-tour.
En bifurquant à gauche, on découvre les pétroglypes de Tehueto. On y devine des représentations de tortue et autres animaux.
Benjamin et Eloïse ne vont peut-être pas passer leur journée enfermés. Alors, pour leur faire plaisir, on les amènent à la plage de Atuona. Les vagues sont assez sympathiques !
En début d'après-midi, une sortie culturelle s'impose. Nous visitons le centre Paul Gauguin pu l'espace J. Brel.
Comme à Tahiti, le musée ne possède aucun original de Gauguin. Nous n'admirons que des copies. Pour ma part, je ressors un peu déçue de cette visite. A l'extérieur du musée, la Maison du Jouir a été reconstituée. Et le puits dans lequel Gauguin plongeait son absinthe pour la maintenir au frais. Puis, de sa fenêtre, à l'aide d'une canne à pêche, il pouvait sans effort récupérer son précieux nectar.
L'espace Jacques Brel abrite le fameux avion du chanteur, "Jojo". Quelques photos et textes nous racontent l'implication de l'artiste dans la vie de l'île qui l'a accueilli.
En ce jeudi 13 mai, nous quittons Atuona pour nous rendre à Puamau, à l'est de Hiva Oa. Ah oui, j'ai oublié de préciser : on est là pour Cyrille. C'est le marathon des Marquises ! Et Puamau, c'est le point de départ de la course. Le trajet fait donc environ 42 km, et se fait sur route, sur plat, sur piste, sur montée et sur descente. En néophyte que je suis, le parcours m'impressionne. Jamais Cyrille ne pourra endurer une telle épreuve...
Toutes ces photos retracent ( à l'envers ! ) le parcours du marathon. C'est dire si c'est escarpé...
...mais qu'est-ce que c'est beau ! D'autant plus quand on sait que nous, le trajet inverse, on va le faire en voiture !!!
De la plage, de la montagne, tout y est !
Voilà ! En une heure, nous arrivons au terme de notre périple. Puamau : 200 habitants. Et plus d'une centaines de coureurs va débarquer dans le village. C'est le branle-bas de combat !
Comme dans toute l'île, les sites historiques recèlent de trésors. Et Puamau possèdent un des plus beaux de ces sites. La légende dit que si une femme touche le tiki de la fécondité de la première photo, elle tombera enceinte. Pourtant peu portée sur ces croyance, je me garde bien de l'effleurer !
Mais nous n'avons pas le temps de nous attarder. Il faut reprendre la route avant que la nuit ne tombe. La piste étant très accidentée et à flanc de montagne, il vaut mieux partir. Bisous à Cyrille. Quand on le reverra, le calvaire sera terminé.
Vendredi 14 mai, c'est le jour du marathon. Les coureurs sont partis à 5H15 alors que le soleil n'avait pas encore pointé son nez. Les enfants et moi sommes sur la ligne d'arrivée. Il fait chaud, les joueurs de "pahu" ( grands tambours ) nous enchantent par leur musique. Les spectateurs et le journaliste télé attendent les premières arrivées.
Certains ont couru en individuel, d'autres, en relais. Alors que des relayeurs sont arrivés, je m'enquiert de la condition physique de Cyrille.
" T'as vu Cyrille ?
- Oh la ! Il est loin ! "
Oups ! Je me sens dépitée, je l'imagine anéanti malgré les entrainements intensifs. L'espoir est au plus bas quand j'aperçois des chevaux encadrant un coureur habillé en noir... Je zoome ... Yep, c'est lui !!!! Beh ? Déjà ??
Mister Capponi est 6ème au classement général. Un collier de fleurs lui est offert à l'arrivée. Et il a beaucoup de chance : de toutes les jeunes filles chargées de remettre les fleurs, pour lui, ce sera le rae rae ( garçon soit travesti en fille soit transsexuel ). C'est la classe ! Et même qu'elle ( oui, on dit "elle" pour un rae rae ) voulait lui donner la main ! Décidément Cyrille, t'es un vrai tombeur !
Mais toutes ces émotions méritent bien un p'tit moment de détente.
Comme je l'ai mentionné plus haut, Cyrille a terminé 6ème au classement général, toutes catégories confondues. Mais parmi les vétérans 1, il est 3ème : il monte donc sur le podium, le premier de sa vie en individuel. Félicitations, Monsieur !
Après la remise des prix, c'est la fête.
La danse,
La musique,
et le haka des athlètes ... ( photo en haut, à gauche : danse du cochon ! )
Si vous voulez voir des photos de la course, voici le lien : http://www.taravana.infos.st/ , et cliquez sur "Marathon de la Terre des Hommes ". Pour ma part, j'y ai chopé celle-ci...
Samedi 15 mai, tous les marathoniens et leur famille se retrouve à Hanaiapa pour un méga ma'a marquisien. Le site est magnifique. Au beau milieu de la baie, trône un rocher que l'on appelle "la Tête de Nègre".
En attendant l'heure du repas, on se baigne, on joue au foot ...
On procède à l'ouverture du four marquisien. Les mets ont cuit dans des petits paniers tressés en feuilles de palmier, les mêmes qui avaient été remis aux coureurs lors de la remise de leur pack de bienvenue. On a dégusté la chèvre ( plat favori aux Marquises ), le cochon, la pieuvre fafa ( sorte d'épinard ), les crabes crus et cuits, et cet étrange crustacé ressemblant à un cloporte que l'on mange cru arrosé de citron...
Le bedon rempli, nous partons faire un tour de bateau, à la découverte des environs de Hanaiapa. Paco nous fait découvrir des endroits insoupçonnés, dont cette superbe plage de sable blanc.
On repart vers une autre curiosité, cette cascade qui se jette dans l'Océan. Là, le débit d'eau est faible car, comme je l'ai signalé au début, il n'y a pas eu de grosses chutes de pluie depuis le mois d'octobre. Mais quoi qu'il en soit, le spectacle est enchanteur.
Enfin, notre tour se termine par cette plage de galets. Cyrille et Izal partent explorer les lieux et vont en rapporter des ossements animaux, dont cette tête de chèvre qu'il nous a gentiment offert.
Le soir venu, deux options se sont posées : soit nous allions au bal avec les autres marathoniens, soit nous restions à la maison d'hôte pour un barbecue et bringue avec les amis de Dominique, le propriétaire des lieux. On a choisi de rester. Heureusement d'ailleurs ! Car ,en panne d'inspiration, les musiciens m'ont sollicitée à maintes reprises pour que je leur donne des titres à chanter. Et comme, du fait de nos mutiples bringues à Tahiti, mes connaissances commencent à être étendues, on m'a surnommée "répertoire". Si c'est pas un comble !!! Et pour ça, on dit merci à qui ? Merci Omer, merci Vio !
Dimanche 16 mai, nous allons découvrir une curiosité : le tiki souriant. Ce sourire lui confère une sympathie bien méritée. En plus, c'est une fille ! Sur la photo en bas à droite, c'est un sexe féminin qui a été représenté !
Et le dimanche midi, nous sommes invités par les potes de Dominique à un pique-nique. De toute façon, où qu'on soit, on arrive toujours à faire la fête !
Le fafaru ( poisson cru fermenté dans de l'eau de mer ) est odorant comme jamais je n'ai senti ça de ma vie ( pour celui-là, faut s'accrocher ! ), les ignames au caramel sont délicieux, et le poisson ... miam !
Puis, en milieu d'après-midi, Hira, un ami de notre hôte nous emmène à l'ancien cimetière de Atuona. On y découvre, entre autre, un ancien poste d'observation, où les Marquisiens guettaient l'arrivée éventuelle d'envahisseurs.
Enfin, ce dimanche se termine par une petite virée dans la vagues, en compagnie du couple qui loge dans la même maison que nous. Et là, c'est pas de la vagounette !!!
Lundi 17 mai, nous reprenons l'avion à 12H50 pour Tahiti. Mais chose promise, chose due : nous avions promis à Eloïse une randonnée à cheval, animal incontournable des Marquises. La propriétaire du ranch est venue la chercher tôt le matin pour une balade écourtée, avion oblige ! Je n'ai donc pas de photo de la cavalière, mais à priori, la balade a été très sympa. Elle a même fait du galop, la poulette !
Notre séjour est terminé. Chacun en est revenu enchanté pour diverses raisons : les enfants se sont éclatés dans l'eau, Cyrille a fait un podium, et les paysages m'ont émerveillée. Les Marquises ne ressemblent en rien à tout ce que nous avons déjà vu en Polynésie française. C'est un monde à part, rythmé par l'insouciance et le bruit des vagues. Après avoir vu tout ça, on comprend mieux pourquoi Brel a choisi de s'y établir... En tout cas, nous, nous recommandons fermement cette destination aux résidents et aux visiteurs ! Ah, au fait, il paraît qu'on y retourne l'année prochaine !
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