Le fenua aihere est à Tahiti ce que la Polynésie est à la France : une terre à l'autre bout du
monde...
Visualisons Tahiti : un tétard. Au bout de la queue du tétard, Teahupoo, mondialement connu pour être un des
plus fabuleux spot de surf au monde. Mais passé cette commune, la route s'arrête... Et là commence le fenua aihere ( qui se traduit par "brousse" ). Tout un programme ! Pour accéder aux quelques
maisons construites le long de la plage, on prend soit ses petites jambes, soit un bateau.
Durant trois jours, nous allons squatter chez Emile et Miriama, des amis d'Omer et Vio. Avec nous, Léon et
Heimiri, sans oublier la fameuse Tata Vai. Et c'est sans compter sur la présence de frères, soeurs, amis de nos hôtes qui vont débarquer tout au long de notre séjour. Un week-end familial et
amical qui promet...d'être arrosé. Haha ! Je vous imagine déjà : arrosé de bières et de champagne !!! Non, non, moi, je pensais plutôt " arrosé par la pluie ! " Quelles langues de vipères
...
Tout a commencé samedi matin, aux aurores. Nous sommes un convoi de trois voitures à prendre la route pour
Teahupoo. Après une bonne grosse heure de trajet, nous arrivons chez Ben chez qui nous allons laisser nos voitures le temps du week-end. On débarque les provisions quand, tout à coup, la pluie
s'invite, histoire de nous souhaiter la bienvenue...
On attend que l'averse cesse pour prendre le bateau. Les femmes et les enfants embarquent, bientôt suivis par
les hommes et les bagages. Quelques dizaines de minutes plus tard, on arrive au milieu de nulle part
Le cadre est magnifique. Devant, la mer, derrière, la montagne, à gauche, la forêt, à droite...la
forêt.
Nous prenons nos quartiers : nous envahissons la maison que Miriama laisse à notre disposition. Nous sommes
13 à dormir dans une même pièce. Dommage, il n'y a que 9 couchages...On regroupe les matelas, les plus petits dormiront avec leurs parents. Mais problème : Omer n'a pas de
place ! Et Vio, toujours très pragmatique : " Oh Omer, c'est pas grave : il aime dormir par-terre... !" Ok pour la première nuit, mais pour la seconde, il s'est invité dans le lit de
ses femme, fille cadette et bébé...
Durant les journées, chacun vaque à ses occupations : kayak, baignade, que ce soit sous le soleil ou
sous la pluie. De toute façon, il fait chaud...
Et alors que certains s'adonnent aux joies des sports nautiques, d'autres s'entrainent au ukulele et à la
guitare, à la fabrication de couronnes de fougères ou au combat de bâtons. Et Vio confirme son professionnalisme en débouchage de champagne...
Quant à moi, je mitraille ...
Omer, entre deux morceaux de guitare, prépare le repas pour toute la tribu. Faut dire que ce soir, nous sommes
très nombreux. Et pour se faire, rien de mieux qu'un chef cuisinier...
Dimanche matin, le temps est très capricieux. La chasse aux chocolats risque d'être compromise. Heureusement, la
cuisine est suffisamment vaste et regorge de cachettes. Et c'est donc parmi la vaisselle et les glacières que les enfants découvrent les oeufs.
Alors qu'aujourd'hui, nous devions nous rendre à la grotte de Vaipoiri, le temps en a décidé autrement. Un peu
trop de vent, un ciel menaçant : tant pis, on verra demain... En attendant, on profite de la mer .
Lundi matin, le ciel est encore couvert, mais le vent est tombé. Toute la tribu se répartit dans les quatre
bateaux, et c'est parti pour la balade.
On longe Tahiti Iti, les paysages sont époustouflants. Presque 2 ans après notre arrivée, je suis encore
impressionnée par cette végétation, ces sommets pointus, et cette eau limpide.
Pour se rendre à la grotte, on doit traverser un bras d'eau où eau salée et eau douce se mêlent. On est loin des
27° du lagon... Frisquounettte, la flotte ! Puis, on suit un sentier boueux où les savates se retrouvent piégées dans cette terre détrempée. Elo, Tata Vai et moi reviendrons de notre périple
pieds nus, nos tongs n'ayant pas résisté à l'épreuve ! La végétation se fait de plus en plus dense; on se retrouve dans une jungle tropicale. La balade devient rapidement une ascension parmi les
rochers, puis une descente abrupte et glissante : on est parvenus au bout de notre chemin, la grotte apparaît. Forcément, à l'intérieur, il fait très sombre. Elle est envahie d'une eau très
fraîche dans laquelle plusieurs d'entre nous n'ont pas hésité à se baigner...
Sur le chemin du retour, petite halte dans la rivière. A la fin de l'expédition, nous attend sagement une
glacière de...bières ! Bah, ça donne soif de marcher ! Et pour certains, ça donne faim. Dans l'eau mi-salée mi-douce, se sont développées de petites huîtres. Après avoir laissé Léon tester le
premier, Elo s'est à son tour lancé dans la dégustation des minuscules bestioles. Et c'est dans ces cas-là qu'on se dit qu'on devrait toujours avoir sur soi du vinaigre et une
échalotte...
A mi-chemin entre le site de Vaipoiri et notre lieu de séjour, se trouve la maison secondaire de Ben. On y fera
un petit arrêt, histoire de se désaltérer... En attendant, les paysages sont toujours aussi fabuleux, et c'est encore plus beau sous un rayon de soleil.
Le jardin de Ben est tout aussi luxuriant que ce que nous avons vu aujourd'hui. L'endroit est propice à une
séance photo : d'abord dans la verdure, puis, obligé, dans la mer...
Notre virée se termine. On reprend notre embarcation quitte à se croire sur le bateau suiveur d'une
course de pirogues... Une fois de plus, nous avons beaucoup de chance. Peu de gens, popa'a ou Polynésiens, ont visité ce superbe site. Et on dit merci à qui, hein ??? Merci Omer ma de nous avoir
permis de découvrir les beautés secrètes de Tahiti ! Et pour tous les touristes qui ne font qu'un arrêt furtif à Tahiti pour tout de suite s'envoler vers les autres îles : il n'y a pas que les
plages de sable blanc, les lagons turquoises et les poissons multicolores; il y a les montagnes, les rivières, les grottes ( et les moustiques...). Dommage que vous ne sachiez apprécier ces
trésors et que vous ne juriez que par Bora tout en dénigrant Tahiti. C'est une île merveilleuse, encore faut-il se donner la peine de l'explorer !